SAAQ - suivre la piste de l'argent

La dame a subi un accident d’automobile dans lequel elle a été assez grièvement blessée. D’ailleurs, le premier médecin expert mandaté par la SAAQ évalue la patiente à une classe de gravité III pour la locomotion en précisant que cette classe de gravité est temporaire; en outre, il recommande une investigation plus poussée et des traitements additionnels. Comme il y a espoir d’amélioration, la SAAQ ne rend pas encore de décision finale sur les séquelles mais s’informe du suivi médical afin de déterminer quand interviendra la consolidation.

Presque un an plus tard, soupçonnant une stabilisation de son état de santé, la SAAQ fait réévaluer la patiente par un nouveau médecin expert qui conclut à une classe de gravité I permanente pour les séquelles découlant l’accident d’automobile.

La différence pécuniaire est importante entre une classe de gravité I et de gravité III. La première correspond à un pourcentage de 2 %; la seconde, à un pourcentage de 12 %; dans le second cas, l’indemnité est six fois plus élevée que dans le premier.

La SAAQ rend alors la décision finale sur les séquelles en se fondant naturellement sur l’évaluation la plus récente.

La cliente vient alors me consulter.

L’action à entreprendre est évidente : la soumettre à une contre-expertise par un médecin de mon choix. La cliente est informée des coûts et de l’absence de garantie que l’expert conclue dans le sens souhaité par elle-même même si, de ma part, le choix du médecin expert n’est pas innocent; en effet, les médecins experts ont un trait commun avec la tour de Pise; ils penchent habituellement du même côté.

La cliente se soumet de fait à cette expertise qui conclut à une classe de gravité III.

L’audition peut enfin se tenir devant l’agent de révision : grâce à un témoignage et à une argumentation soulignant les limitations et les contraintes associées à la locomotion selon le barème chez madame, la décision est rendue, octroyant une classe de gravité III à la personne accidentée.

Vous pouvez toujours demander à rencontrer l’agent de révision, ce qui à été fait dans le cas présent. La demande d’une rencontre est presque toujours systématique dans mes dossiers; il est, en effet, plus facile de convaincre un décideur en personne qu’au téléphone; vous pouvez répondre à ses objections et décoder son langage non-verbal.

Souvent, l’intangible qui n’a aucun poids pèse lourd dans la balance.